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Fabio Mitchelli et son nouveau livre « Le loup dans la Bergerie »

Bonjour Fabio, comment allez-vous ? Bonne année 2021 

Bonne année à vous. Je peux dire que tout va bien, même si nous traversons actuellement une épreuve difficile.

Parlez-nous de votre nouveau thriller « Le loup dans la bergerie » C’est sordide cette histoire

Le loup dans la bergerie c’est avant tout une nouvelle enquête du commandant Steiner, que nous avons laissé à la fin de « L’ombre de l’autre ». On le retrouve en fâcheuse situation, tiraillé entre l’histoire de sa famille, les difficultés liées à l’adolescence de sa fille, et une sombre enquête dans l’arrière pays niçois. L’ex-compagne d’un dangereux criminel soupçonné de cannibalisme, ainsi que de nombreux meurtres, va orienter Steiner sur une affaire vieille de plus de vingt ans qui pourrait enfin lui révéler les mystères de la disparition de son père. Ce roman s’inspire de l’affaire Michel Lambin, surnommé « Le berger de Caussols ».

Où avez-vous puisé l’inspiration pour créer cet ouvrage ?

Pour ne pas déroger à la règle, une fois encore, ma source d’inspiration reste la réalité, les faits divers, et plus particulièrement l’univers des criminels en série. Pour cet opus, je me suis inspiré d’un criminel surnommé « Le berger de Caussols », et qui a été jugé et condamné pour deux meurtres. Son ex-compagne, quant à elle, affirme qu’il aurait tué au moins plus de dix personnes…

Qu’a-t-il de plus que les autres ce livre « Le loup dans la bergerie » ?

Les faits de déroulent en France, et la plupart des scènes décrites sont réelles. Mais la particularité de ce roman c’est qu’il relate une histoire qui est loin d’être terminée, puisque des instructions sont aujourd’hui en cours pour divers cold cases, des meurtres qui pourraient impliquer le berger de Caussols…

Le syndrome de la page blanche on connaît ou pas ?

J’ai comme l’impression qu’il s’agit d’un mythe, vous ne croyez pas? Si l’on n’a rien à dire, alors on ne se met pas devant sa machine à écrire…

Petit aparté : comment vivez-vous cette « rupture » entre les fermetures des librairies et la mise à l’arrêt de la culture littéraire ?

Mal, comme à peu près tout le monde. Cela a perturbé le fonctionnement de nombreuses maisons d’éditions, de productions de théâtres, de cinémas et de la scène musicale. Je suis écrivain, mais aussi intermittent du spectacle, j’ai donc souffert de cette crise sanitaire, comme beaucoup de mes confrères. Mais que faire, à part être résilient? L’homme a évolué sur cette planète depuis 250000 ans, environ, et c’est son intelligence et sa faculté d’adaptation qui lui a permis de survivre. Alors continuons…

Ecrire c’est un besoin, une envie ou une passion ?

Les trois, sans conteste. J’ai besoin d’écrire pour me sentir bien, et toujours envie d’écrire pour assouvir ma passion de raconter des histoires. L’écriture fait partie intégrante de ma vie. Mon espace de travail, mon bureau, se trouve d’ailleurs en plein milieu de la pièce à vivre, chez moi, entre le salon et la cuisine américaine… avec mon canapé tout près, pour me ressourcer et puiser l’inspiration, comme l’expliquait Flaubert qui appelait cela « La marinade », lorsqu’il s’allongeait sur son canapé pour « mariner » et laisser venir l’inspiration, la rêverie…

 Avec tous les livres que vous avez à votre actif, comment trouvez-vous (encore) l’inspiration pour la création de nouveaux ouvrages ?

Malheureusement, j’ai envie de dire que tant que le crime existera, mon inspiration sera au rendez-vous. L’on dit souvent que la réalité dépasse la fiction, et cela est plus que vrai. D’autant plus qu’aujourd’hui tout est su et vu très rapidement, et ce grâce aux chaines d’info en continu et aux réseaux sociaux.

 Question naïve mais jassume, c’est le thriller qui est venu à vous ou c’est linverse ? Un peu les deux… Tout d’abord, c’est ma prof de français qui m’a fait découvrir Edgar Allan Poe, alors que j’étais en cinquième, je crois, et puis ensuite, des années plus tard, un ami m’offre Les racines du mal, de Maurice Dantec. Il s’agit-là de mon second choc littéraire noir. En 1999, c’est moi qui vais au thriller, en découvrant « Les rivières pourpres » de Grangé. Le cocktail POE/DANTEC/GRANGÉ aura eu sur moi l’effet d’une grenade dégoupillée, il m’aura fallu quelques temps, (Une dizaine d’année), mais en 2010, une petite maison d’édition me propose de publier mon premier roman, alors intitulé « La verticale du fou »

Quelles sont vos influences nationales ou internationales dans le monde de la littérature ?

Pour le noir français, j’ai toujours été très inspiré par les oeuvres de Maurice Dantec, mais aussi par celles d’Edgar Allan Poe, pour les romans étrangers, et Thomas Harris et son mythique Hannibal Lecter. Pour le blanc classique français et étranger, j’aime Beaudelaire, Camus, Sartre, Irving, Salinger, Hemingway…

Le premier thriller que vous ayez lu, vous vous en souvenez ?

Le roman que je considère comme le premier thriller que j’ai pu lire ne l’est pas vraiment, mais pour moi c’est Double assassinat dans la rue Morgue, de Poe. Pourtant écrite au 19 eme siècle, cette nouvelle a tout du thriller. Poe y avait mis du suspense, de la tension, du rythme, une intrigue ficelée à la Seven de Fincher, bref, en la relisant aujourd’hui, on jurerait que ce texte aurait pu être écrit hier. Sinon, pour faire plus contemporain, je crois qu’il s’agit de « Les rivières pourpres », de Jean-Christophe Grangé.

Le prochain thriller, il sera sur quel sujet ?

Peut-être pas un thriller, d’ailleurs, mais plutôt un roman vérité, un témoignage, une biographie romancée qui fera écho à « Le loup dans la bergerie ». Mais il y aura aussi une nouvelle enquête du commandant Steiner.

Dernière question à vous poser : On se donne rendez-vous dans 20 ans avec un thriller hyper passionnant comme vous savez si bien le faire ?

Toujours et encore Steiner, je l’espère, à la retraite mais incarnant un enquêteur privé…

Un grand merci Fabio pour cette interview et belle continuation littéraire

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