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Giovanni Garro

Bonjour Giovanni comment allez-vous ? 

 

Très bien, merci.

 

Vous en 4 mots ça donnerait quoi ? 

 

Des hauts & des bas.

 

Parlez-nous de votre livre à suspens « L’argent noir » Où avez-vous trouvé l’inspiration pour ce livre ? 

 

J'ai la chance d'avoir grandi dans une famille éminemment romanesque et au destin tragique. Je me suis inspiré des personnages qui m'ont entouré depuis mon enfance jusqu'à ma vie de jeune adulte pour réaliser ce qu'en peinture on appellerait un autoportrait : je précise qu'il ne s'agit absolument pas d'une autobiographie mais bien d'une histoire où les personnages et les faits relatés sont transcendés pour devenir le vecteur de questionnements d'ordre totalement universels.

 

Le syndrome de la page blanche on connaît ou pas ? 

 

Je ne connais pas. Avant d'écrire, j'élabore l'histoire, je m'approprie les vies des personnages, je les fais miennes, je connais leurs dates de naissance, leur parcours, leurs espoirs et leurs peines, et je connais une multitude de détails sur eux qui n'apparaîtront pas dans le texte final. 

C'est seulement après ce travail, qui est énorme, en amont, que je commence à écrire. En d'autres termes, je ne commence qu'une fois que je sais où je veux arriver.

 

Imaginez que vous écriviez un livre à 10 mains. A qui elles appartiendraient ces 10 mains ? 

 

J'ai deux mains, il m'en faudrait huit autres, soit quatre écrivains.

Tant qu'à rêver, j'irais réveiller les morts : Virginia Woolf pour son talent inimaginable et la poésie de ses mots, Luigi Pirandello, que je vénère, pour qu'il trouve les mots tous simples pour dire la recherche de l'identité, Boccaccio pour son côté drôle, salace et libertin, et enfin mon père, qui était poète, pour le plaisir de me retrouver à ses côtés. Je ne sais pas si nous aboutirions à quoi que ce soit de lisible, mais je suis sûr que nous nous amuserions énormément tous ensemble !

 

Le livre que vous pourriez lire encore une fois 

La Maison des Feuilles (« The House of Leaves ») de Mark Z. Danielewsky. Après avoir lu ce livre, j'ai été tellement subjugué que je me suis dit : « après ça, on ne peut plus écrire, il ne reste de place que pour le silence ». 

 

Au contraire celui que vous ne pouvez plus relire encore une fois 

 

La plupart des livres que j'ai lus en fait, quitte à vous choquer. Récemment j'ai voulu relire « Oceano Mare » d'Alessandro Baricco. J'ai dû arrêter car je me suis rendu compte que, 14 ans après l'avoir lu, j'en connaissais encore les répliques par cœur.

 

Noir ou blanc ? 

 

J'ai appris que la vie est faite de nuances et je ne suis plus l'absolutiste que j'ai été dans le passé. Il y a une multitude de gris différents, et il y a même les couleurs : je n'en choisis aucune, je me laisse surprendre.

 

Si un mauvais génie vous enlevait le fait d'être auteur, quelle autre forme d'art choisiriez-vous?

 

Probablement le septième art. J'aime profondément le cinéma que mon père m'a fait découvrir avant la littérature: c'était dans un cinéma de Rome, au début des années 70, pour y voir “Nous nous sommes tant aimés” d'Ettore Scola”. J'ai été fasciné. 

 

Rêve ou réalité ? 

 

J'aime quand les rêves deviennent réalité.

 

Si votre vie était un titre de roman, ça serait quoi ? 

 

« Una vita violenta », de Pier Paolo Pasolini.

 

Les pieds sur terre ou la tête dans les étoiles ? 

 

Les pieds sur le parquet du rayon homme du Bon Génie et la tête en train de me dire que tous ces habits sont trop chers pour moi.

 

Vous en mode écriture de romans d’amour genre les feux de l’amour, c’est envisageable ou même pas en rêve ? 

 

Par choix, je vis sans télévision depuis treize ans et je ne connais pas les feux de l'amour. J'en ai entendu parler mais je n'ai jamais vu un seul épisode. Je ne peux donc pas répondre à cette question.

 

En tant qu’auteur, comment vous voyez le monde dans lequel vous vivez ?

 

Si je regarde notre monde avec mes yeux d'auteur, j'y vois des thématiques universelles comparables à celles de toute autre époque.

Si je regarde notre monde en tant que citoyen du monde, alors je me dis que nos démocraties sont vraiment en danger, et que s'il n'y a pas un sursaut au niveau mondial, nous finirons définitivement par être gouvernés par les multinationales.

 

De quoi parlera votre prochain livre ? 

 

De la quête du sens.

 

Le bonheur il est où, quand, comment et avec qui ? 

 

Je ne sais plus qui a dit que le bonheur est une joie qui dure : j'aime cette phrase, qui me parle. Ceci dit, je ne suis pas très accoquiné avec le bonheur que je recherche encore, et avant tout dans la part de spirituel qui est en moi. Je vous propose de me poser cette question à nouveau dans quelques années...

 

Giovanni je vous laisse le mot de la fin pour clore cette interview. 

 

Je vous remercie de m'avoir interviewé et bravo pour ce magnifique magazine !

 

 

Merci beaucoup et belle continuation.

 

Crédit photo : Stéphane Roessinger

 

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