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La mer Léman de Davide Giglioli

Bonjour Davide comment allez-vous ?

 

Très bien, merci. Et vous ?

 

 

Parlez-nous de votre livre « La mer Léman».

 

Oui, mon dernier bébé, comme ma femme l’appelle. Alors, imaginez que demain matin, vous vous réveillez et, au lieu du lac, il y a une mer. Ça changerait en quoi votre vie ?

C’est le point de départ de cette livre, où on voit deux amis essayer de trouver ce qui les rend heureux dans la vie.

 

 

Où avez-vous trouvé l’inspiration pour ce livre ? Y a un peu de folie et beaucoup d’imagination non ?

 

J’étais en train d’aller au travail, sur ma Vespa, côtoyant le lac. Et parfois la lumière est tellement éblouissante que vous n’arrivez pas à voir de l’autre côté. En effet, dans ces moments, il n’y a pas d’autre côté. J’ai eu l’image d’une mer, la Mer Léman, avec toute la liberté que ça peut amener dans votre vie, une nouvelle ouverture, une nouvelle façon de voir les choses.

 

 

Darius Rochebin est au courant au moins de votre super livre, ça aurait fait un bon reportage non ?

 

Darius Rochebin est le visage de la Suisse que j’aime. Contrôlé, mais souriant. On voit qu’il aime ce qu’il fait.

 

 

Un livre à 4 mains c’est tentant ou jamais de la vie ? 

 

Oui, j’ai quelque chose en chantier avec mon ami Lilian Schiavi, lui aussi de la grande famille Torticolis. On verra ce que ça donne.

 

 

Quand vous avez écrit La mer Léman, il y a eu à un moment donné une trouille de le présenter au public ou pas ?

 

Non. Je n’ai pas peur de ce que j’écris, et surtout pas d’en parler aux personnes. Au contraire, c’est très excitant car le livre va entrer dans la vie du lecteur et de la lectrice et c’est là que le jeu commence.

 

 

Le premier livre que vous avez eu dans vos mains, vous vous en souvenez ?

 

Oui, c’était un cadeau de ma mère : elle trouvait que je lisais seulement des BDs, donc elle m’a offert « Les mystères de la jungle noire » d’Emilio Salgari, le créateur de Sandokan. Je ne me souviens pas seulement du livre, mais aussi du moment où ma mère me l’a donné, en vacances, à la mer, je me souviens de la lumière qu’il y avait et de la température. Mais je ne me souviens pas vraiment de l’histoire. En effet, c’est un petit peu comme ça pour beaucoup de livres que je lis. Je retiens surtout ce qui rentre dans ma vie, et pas forcément ce qui vient des mots imprimés. L’histoire, la trame, c’est secondaire. Mais répondre à la question « est-ce que ce livre m’a donné quelque chose » ne l’est pas.

 

 

Le livre que vous pouvez relire encore une fois … :

 

« Orfeo in Paradiso » de Luigi Santucci, vainqueur du prix Campiello en 1967. Dommage qu’il n’y a pas une traduction française. Comme je l’ai écrit dans mon premier roman il s’agit d’une « quête de la mère décédée menée par le fils, recherche qui devient un merveilleux voyage dans l’esprit, le temps et l’espace. Pour en sortir avec la seule certitude que nous tous avons : nous possédons seulement ce que nous aimons, et c’est à nous pour toujours. »

 

 

Celui que vous avez détesté lire durant votre adolescence, genre un supplice de lire ce livre

 

Au lycée on nous obligeait à lire « Les Fiancés » d’Alessandro Manzoni. Chaque semaine il y a avait quelqu’un qui se faisait examiner sur ça. Je suis arrivé à la fin de l’année scolaire sans avoir lu le livre mais surtout en réussissant à ne jamais être examiné. Bêtement, je m’en suis vanté avec mon père. Il n’a pas apprécié du tout et il m’a privé de vacances jusqu’à la fin de la lecture des « Fiancés ». Je l’ai lu. J’ai adoré. Et relu plusieurs fois par la suite. Comme quoi, il faut toujours essayer.

 

 

Imaginez que je vous propose de faire la préface d’un roman policier écrit par un auteur international. Ce serait qui cet auteur ?

 

Je ne suis pas sûr d’être un bon « préfaceur ». Mais si je dois choisir, Andrea G. Pinketts (G c’est pour génie), sans doute. Découvrez « La madone assassine » et on en reparlera.

 

 

Roman policier, amour, sciences, suspense ou politique

 

Tout, tout ensemble. Écrire c’est mélanger, connecter, passer d’un domaine à l’autre, d’un style à l’autre, partir et revenir, être vivant. Et lire c’est toujours être surpris.

 

 

De quoi parlera le prochain livre de Davide Giglioli ?

 

J’ai plusieurs chantiers ouverts.

« Onirine » tout d’abord. Il s’agit d’un polar qui se déroule entre Genève et la Côte : des accidents mystérieux se produisent et frappent les patients soignés avec un médicament expérimental.

Les industries du divertissement, du spectacle, des voyages, sont très inquiètes à propos des effets que l’utilisation de ce médicament pourrait avoir.

Ueli Regli, « le meilleur détective de la Confédération », est arraché à ses affaires dans la paisible Suisse Allemande et appelé à résoudre un cas sensible, qui secoue des intérêts qui vont bien au-delà des frontières helvétiques.

Oui, c’est un polar, mais à ma façon, plein de références à l’actualité, à la société, au rôle de la culture dans notre vie.

 En suite : « J’aimerais quand même sortir la poubelle ». Il s’agit d’un récit qui nait de la triste constatation du fait que, quand j’étais enfant, le rituel de la fin de semaine était la messe à l’église le dimanche matin. Mais que maintenant je vois que mon rite c’est plutôt la visite à la déchèterie du samedi après-midi. On part de là pour parler d’écologie et écologisme, société, emploi du temps, famille, …

 

 L’auteur que vous admirez le plus

 

Il y en a plusieurs : Luigi Santucci, Alessandro Manzoni, Dante, François Cavanna, Marguerite Yourcenar, Antonio Orejudo, Celine, Dino Buzzati, Italo Calvino, Milan Kundera, Diderot, Albert Camus, Andrea G. Pinketts, Homère, Robert Pirsig ... je m’arrête?

 

 

Beauté ou avoir ?

 

La beauté ; on ne la possède pas. On ne peut que l’admirer.

 

 

Une vie sans poésie c’est comme ….

 

Ce n’est pas de la vie. Et je ne parle pas de la poésie qu’on lit dans les livres, je parle de la beauté même de la vie. Est-ce qu’on peut vivre sans beauté ? Est-ce qu’on peut vivre sans justice ? Non, je ne pense pas.

 

 

Je recherche un auteur à interviewer, vous en connaissez un qui serait d’accord de répondre à mes questions ?

 

Tous les Torticolis.

 

 

Le premier mot qui vous vient à l’esprit là maintenant tout de suite ?

 

Froid ! C’est vraiment froid ces jours –là. Ce matin j’ai pu voir les alentours du lac gelés. De ma voiture cette fois (la Vespa est pour la belle saison).

 

 

Ce que je peux vous souhaiter aujourd’hui pour demain

 

D’être toujours curieux. Et de trouver toujours un instant pour écrire.

 

Davide Giglioli, j’ai été ravie de vous interviewer je vous laisse le mot de la fin.

 

Mais je ne veux pas finir. C’est pour ça que j’écris, pour continuer à parler avec les lecteurs.

 

Merci beaucoup et belle continuation littéraire.

Merci à vous, et à bientôt, au Salon du Livre.

 

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