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Quand la sincérité et la musique rencontrent Syrano

Bonjour Syrano comment allez-vous ?
Ça va bien merci ! Et vous-même ?

 

Vous êtes un artiste aux mille et une palettes, musique, livre, bande dessinée, bientôt le 7ième Art non ?

C’est une idée, hahaha ! En fait, je crée, peu importe le support. Donc si l’envie me prend, je me mettrai à la sculpture, du moment que le mode d’expression que j’utilise est en adéquation avec l’émotion que j’ai à transmettre. Je me laisse un peu guider.
Depuis peu j’ai décidé pourtant de resserrer. Être trop polyvalent perd un peu les gens qui m’écoutent alors je me concentre sur la musique. Le reste, je travaille et prépare des projets dans l’ombre.

 

Parlez-nous de vos albums je crois qu’il y en a 6 ou 5, lequel est le plus abouti de tous ?

Oulah ! Difficile de parler de tous. Ils sont tous une part de moi à un moment de ma vie. Ce sont des instantanés de mon évolution, personnelle et artistique. J’ai beaucoup fonctionné par concept pour avoir des fils conducteurs dans chacun des disques, l’enfance, le voyage… mais il est vrai que le dernier est pour moi le plus abouti. Le 6e, Mysterium Tremendum, est une bande dessinée de 120 planches que j’ai moi-même réalisée, autant qu’un disque. Les chansons y sont illustrées et les paroles sont dans les bulles de BD. Un vrai rêve de gosse et une fin de cycle pour moi.

 

Comment vient l’inspiration pour la compo des textes ?

J’ai l’impression que c’est une jauge qui se remplit d’expériences, de moments de vie, de colères, de peines… Quand l’amphore est pleine, elle se vide et je me rends disponible pour mettre toute cette inspiration en forme. C’est très cyclique même si j’arrive maintenant à mieux canaliser toutes ces informations et à créer tout au long de l’année. J’ai juste de gros pics qui m’obsèdent pendant des jours, des semaines.

J’ai vu le clip le pire des hommes, magnifique, et c’est quoi le meilleur de l’homme ?

Merci ! J’ai adoré le tourner avec Lucien Pesnot, mon acolyte réalisateur et Maxime Raguin, compagnon de route dans le Collectif 13 et acteur sensible. Le meilleur de l’homme, ce serait peut-être ces deux personnes… C’est la gentillesse, la générosité, l’altruisme, l’ouverture, l’écoute. Le meilleur de l’homme est silencieux mais il nous change dans le fracas.

 

Imaginez un mauvais génie vous enlève le fait d'être musicien, quelle autre forme d'art choisiriez-vous?

 Je crois que le dessin me tendrait les bras et je m’y abandonnerais.

 

Terre inconnue, terrain connu ou terre connue ?

Question spirituelle ! Euh… Au quotidien, je suis très « terrain connu », un vrai casanier solitaire. Mais en fait, grâce à la musique, je suis très chanceux de vivre en « terre inconnue ». Je rencontre des gens constamment, je visite des lieux improbables et je voyage. Je me rencontre à travers la vibration des autres. C’est un privilège.

 

Grosse scène mythique ou concert intimiste ?

Les deux. Je trouve génial l’idée de pouvoir échanger en direct pendant un concert avec le public, mais en même temps, l’adrénaline, la force d’un concert devant 10 000 personnes, c’est absolument génial à vivre !

 

La plus belle récompense que vous ayez reçu l’année passée …

J’en reçois tous les jours. Des messages de « fans » qui me suivent et me disent simplement, sincèrement, à leur manière, qu’ils ont été touché par une de mes chansons, ou un concert. C’est le seul vrai carburant que je préserve depuis le début de ma carrière.

Rêve ou réalité ?

Malheureusement, je suis très rêveur. Je vis un peu en dehors de la société et j’ai tendance à ne pas avoir les pieds ancrés dans le réel.

 

En tant qu’artiste comment vous voyez le monde qui vous entoure ? Quelle est à vos yeux la première chose à changer pour que le monde tourne mieux ?

L’humain… Il faut changer l’humain. Un sacré chantier !

 

Je veux pas vous porter la poisse, mais est-ce qu’à un moment donné de votre vie vous vous êtes dit : stop j’arrête là et je me lance dans le métier de banquier ?

Hors de question ! J’ai décidé de faire ça de ma vie quand j’avais 7 ou 8 ans. Je suis le plus déterminé des petits garçons ! Hahaha !

 

Quelle est la différence majeure entre écrire des livres et composer de la musique, si on met de côté le texte, l’inspiration est la même ou pas ?

L’inspiration est totalement identique pour moi. Ce qui m’amène à la forme différente, c’est juste la façon d’exprimer les choses, certains sujets nécessitent d’être traités plus longuement qu’en chansons, et inversement.

 

Je veux pas jouer la fan de Syrano je déteste ce terme,  mais vos titres sont des pépites franchement, ça bouscule un peu les gens, c’est criant de vérité et ça fait du bien. Franchement je vous souhaite une belle carrière musicale. Je vais enfin poser ma question : est-ce que vous vous inspirez des autres poètes chanteurs pour la compo ou justement pas pour que vous ayez à chaque fois des albums singuliers ?

C’est adorable, merci ! Eh bien j’écoute constamment tout ce qui sort. Je passe à côté de plein de choses, mais je jète une oreille… sur le rap. Je suis moins touché par les autres musiques, même si j’adore plein d’autres artistes autant que je peux détester certains rappeurs. C’est juste une question de sensibilité. Mais mon premier pilier musical, c’est le hip-hop. C’est sûr.


Une première partie de rêve serait celle de …

Je n’en sais rien du tout… Si c’est pour que l’artiste après soit imbuvable ou intouchable, c’est pas mon truc. Mais je préfère les plateaux alors je vais attendre d’avoir l’envergure suffisante pour jouer dans la même cour que des artistes avec qui j’aimerais bien discuter, histoire de voir ce qu’ils ont dans la tête.

 

Noir ou blanc ?
Gris 

 

60 70 80 90 ou 2010 ?
2020 !

 

Le style de musique que vous avez du mal à écouter …

Les musiques trop pleines de clichés comme le reggae ou le RnB français. Rares sont les artistes qui trouvent une identité et se perdent dans la copie kitch.

 

La ville internationale pour faire un bon concert de ouf…

Pékin ! Le public chinois est absolument bouillant !

 

Ce que je peux vous souhaiter aujourd’hui pour demain

De réaliser le projet sur lequel je suis en train de bosser dur en ce moment, j’imagine !

 

Merci infiniment Syrano pour cette interview, je vous laisse le mot de la fin.

JOIE !

 

Crédit photo : Alexandre Lacombe

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