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Entretien avec Pierre-Yves Bétrix

1. Sur le choix de l'époque

« En choisissant de situer l'histoire à Lausanne en 1998, vous éliminez d'office les téléphones portables et les outils numériques modernes. Est-ce que c'était une volonté délibérée de forcer vos personnages à se confronter les yeux dans les yeux, sans filet ? »

Oui. Parfaitement. Vous avez vu juste. Ainsi, les personnages ont plus de dynamique et se confrontent dans leurs relations.

Il y a aussi une autre raison d’ordre technique judiciaire et c’est avec plaisir que je répondrai aux personnes qui ont lu le récit et qui me le demandent.

2. Sur la dynamique entre les personnages

« Jean-Paul, l'avocat et Sophie, la procureure sont dans des camps opposés tout en nouant une relation intime. Qu'est-ce qui vous intéressait le plus à explorer à travers ce grand écart permanent entre le prétoire et l'intime ? »

J’ai adoré créer cette opposition. La question que je voulais que le lecteur se pose est celle de savoir si les deux personnages allaient prioriser leurs sentiments ou, s’ils allaient mettre leur ferveur professionnelle en avant, quitte à sacrifier chacun leurs sentiments.

3. Sur l'inspiration ancrée dans le réel

« Avec votre parcours dans le milieu judiciaire, on a l'impression que vous ouvrez une porte sur les coulisses du barreau. Est-ce qu'écrire ce livre a été une façon de dire tout ce qu'on ne voit jamais des doutes d'un avocat ? »

C’est juste. J’ai voulu montrer un cabinet d’avocats de « l’intérieur » et des avocats dans « leur for intérieur ». Montrer que cette profession est difficile surtout en cette période où les avocats n’ont pas bonne presse. J’ai voulu exprimer que la profession est complexe et qu’elle peut être destructrice pour celui ou celle qui la pratique.

4. Sur la psychologie de l'intrigue

« Le dossier de départ semble totalement verrouillé et l'accusé déjà condamné par tout le monde. Qu'est-ce qui pousse un avocat comme Jean-Paul à s'acharner sur une cause que tout le monde qualifie de perdue d'avance ? »

C’est toute la beauté du travail. C’est inné chez certains avocats et chez certaines avocates. S’ils « sentent » que leurs clients n’est pas coupable, ils et elles vont s’investir corps et âme pour la défense de celui qui est peut-être innocent. D’ailleurs, j’ai vécu cela lors de l’un des acquittements de l’un de mes clients, cela a été une délivrance.

 

 

 

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