Le Croquemort d' Olivier Merle
Avec Le Croquemort, Olivier Merle délaisse la rigueur historique pour l'absurde et l'humour noir. Publié chez XO Éditions, ce roman marque une rupture nette dans sa bibliographie. On y suit David Livingstone (un nom qui ne s'invente pas), un homme ordinaire dont la vie bascule dans un engrenage surréaliste après une simple visite de courtoisie à un vieil ami.
Un road-trip vers l'immoralité
Un scénario de quiproquos permanents
Le récit démarre sur une erreur banale : David veut revoir Hector, un ami d'enfance. Il tombe sur Libertad, la compagne d'Hector, qui l'embarque dans une galère monumentale pour "sauver" son ami. Ce qui commence comme un service entre potes se transforme en un périple effarant où les cadavres s'accumulent et où la morale devient une variable ajustable. La force de Merle ici est de rendre cette dérive vers le crime presque... logique.
L'humour comme arme de destruction massive
Contrairement à ses thrillers précédents, Merle mise ici sur un ton décalé et baroque. Le narrateur est d'une naïveté désarmante, ce qui crée un contraste savoureux avec la violence des situations. On rit jaune, on s'offusque des choix de David, mais on tourne les pages avec une fascination coupable. C'est une véritable fable moderne sur la lâcheté et l'opportunisme.
Un rythme soutenu et cinématographique
Le livre se dévore d'une traite. Les rebondissements s'enchaînent avec une fluidité déconcertante, transformant Paris et ses environs en un labyrinthe hostile mais drolatique. L'écriture est alerte, nerveuse, et l'auteur s'amuse visiblement à malmener ses personnages.
Conclusion
En conclusion, Le Croquemort édition 2026 est une excellente surprise. C'est un roman noir qui ne se prend pas au sérieux, une pépite d'humour grinçant qui interroge nos propres limites morales sous couvert de divertissement. Olivier Merle prouve qu'il est aussi à l'aise dans le burlesque macabre que dans la fresque historique