Le Désert de la Mort de Preston &Child
Preston et Child livrent ici une mécanique de précision, mais une mécanique froide.
Le roman brille par sa capacité à transformer l’aridité du Nouveau-Mexique en un laboratoire de l’angoisse, utilisant le poids historique de Los Alamos et de l’ère nucléaire pour instaurer un malaise presque palpable. La force du récit réside dans cette tension constante entre l’immensité géographique et l’étouffement psychologique du huis clos. Le désert n’est pas un décor, c’est un agent actif qui impose son propre rythme, lent et implacable, à l’intrigue.
Cependant, la rigueur de la structure finit par trahir une certaine prévisibilité. Les auteurs s’appuient sur des archétypes narratifs si bien huilés qu’ils en deviennent parfois transparents : le mystère scientifique, la paranoïa bureaucratique et le climax explosif répondent à un cahier des charges rigide. Si l’efficacité est indiscutable, elle se fait au détriment d’une véritable profondeur organique. On admire l’ingénierie du suspense, mais on regrette que le duo ne s’aventure jamais hors de sa zone de confort technique. C'est une œuvre d'artisanat supérieur, redoutable dans son exécution, mais qui manque de cette étincelle d'imprévisibilité qui sépare le très bon thriller du chef-d'œuvre.
En somme, c'est une étude clinique de la peur en milieu hostile, portée par une documentation technique impeccable, mais dont la résolution, un peu trop convenue, laisse un arrière-goût de déjà-vu.