Le nouveau livre de Julie Willen
. « En quoi l'écriture a-t-elle été une thérapie pour vous ? »
Écrire, pour moi, ça n'a jamais été raconter une histoire de l'extérieur. C'était plutôt me rasseoir, chaque soir, face à ce que je venais de traverser, et lui donner enfin une forme. Pendant la maladie, j'avais appris à tenir, souvent en silence. L'écriture m'a permis de reprendre chaque étape, le diagnostic, la reconstruction, les cicatrices que j'ai fini par remercier plutôt que de les fuir et de la regarder en face, sans me protéger. C'est en couchant ces mots sur le papier que j'ai vraiment compris ce que j'avais vécu. Le livre n'a pas soigné mon corps, il a soigné mon rapport à ce que mon corps avait traversé.
2. « Comment vos animaux ou votre lien à la nature vous ont-ils aidée à guérir ? »
Ils ne m'ont rien demandé, et c'est peut-être ça, le cadeau. Pendant que le monde humain s'agitait autour de moi, voulait me rassurer, me consoler, mes animaux venaient simplement poser leur tête contre moi, sans discours. Cette présence sans intention m'a appris une autre forme de courage. Et la nature a fait le reste : j'ai marché des heures dans les Alpes ou dans le Jura, seule, et à chaque sortie, quelque chose se réparait sans que j'aie besoin de comprendre quoi. Je crois que les animaux et la nature m'ont montré une chose essentielle : on peut traverser une épreuve sans avoir besoin de la justifier, juste en restant vivant, présent, en respirant.
3. « Qu'aimeriez-vous que les lecteurs en difficulté y trouvent en priorité ? »
Une permission, avant tout. La permission de ne pas être fort tout le temps, de pleurer si les larmes viennent, de dire "aujourd'hui je n'y arrive pas" sans effacer ce qu'on a accompli la veille. On m'a souvent dit que j'étais résiliente, comme on offre une médaille, et pendant longtemps je n'ai pas reconnu cette image de guerrière. Ma résilience à moi ressemble davantage à un fil d'eau qui contourne les pierres sans jamais forcer. J'aimerais que les lecteurs retiennent qu'ils n'ont pas besoin d'être héroïques pour tenir. Juste de rester en lien avec eux-mêmes, un pas après l'autre.
4. « Comment avez-vous sauté le pas pour en faire votre métier à plein temps ? »
Ça ne s'est pas fait d'un coup de tête. Après la maladie, j'ai essayé d'imaginer mon retour au secrétariat, et mon corps a répondu avant mon mental : une oppression très concrète dans la poitrine. J'ai compris que je ne pouvais plus me trahir. Un soir, je suis tombée sur un article sur la communication animale, et c'était comme si on décrivait ce que je vivais depuis l'enfance sans jamais avoir su le nommer. Je me suis formée sérieusement, j'ai continué en parallèle la cartomancie pour mon entourage, et le jour où j'ai décidé de ne plus retourner au secrétariat, ce n'était pas de l'insouciance : c'était une certitude portée par tout mon corps.
Julie Willen / Communication animale & Guidance par les Oracles
Auteure du livre: Le jour où je suis revenue à moi
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