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Rien que le froid de Florian Dennisson

"Florian, après nous avoir habitués à des intrigues ciselées, vous nous plongez avec Rien que le Froid dans une atmosphère oppressante où la nature semble reprendre ses droits. Merci de prendre le temps de répondre à nos questions."

1. L'Atmosphère (Le décor) Rien que le Froid porte bien son nom. Le lecteur frissonne autant par l'intrigue que par le cadre. Pourquoi avoir choisi cet isolement hivernal ? Est-ce que, pour vous, le froid est le complice idéal du crime ?

Il est vrai que le froid, la neige, l’isolement, ont toujours été pour moi synonymes de suspense et de mystère. Peut-être parce que j’ai passé mon enfance à Annecy, entouré de montagnes enneigées dès le mois de novembre, et que c’est souvent en hiver que j’ai eu envie de me mettre sous un plaid à lire un bon polar. Mon retour dans ma ville natale il y a quatre ans a précédé l’écriture de Rien que le froid et je pense qu’inconsciemment, j’ai voulu intégrer dans mon intrigue ce que je voyais à travers ma fenêtre tous les jours, à savoir une nature omniprésente qui peut fasciner, mais aussi tuer.

2. Les Personnages (L'humain) Vos personnages sont souvent mis à rude épreuve. Comment avez-vous construit le binôme de ce roman pour qu’il survive (ou non) à la fois à l’enquête et à l'hostilité de l'environnement ?

Selon moi, les meilleures histoires sont faites de protagonistes qui subissent des épreuves sans répit jusqu’au dénouement et c’est donc à ça que je me suis attelé tout au long de cette histoire. J’ai volontairement créé une sorte de duo d’héroïnes dans lequel l’une vit des conflits moraux et psychologiques, tandis que l’autre subit physiquement les éléments et la cruauté de l’Homme.

3. La Méthode (Les coulisses) On vous sait très rigoureux dans votre construction. Est-ce que l'écriture d'un "huis clos" en extérieur change votre manière de planifier vos chapitres par rapport à une enquête plus urbaine ?

Non car la méthode, ma méthode, est toujours la même, c’est-à-dire de structurer mon récit de telle façon que chaque chapitre, chaque scène même, fait avancer l’intrigue et évoluer les personnages principaux. Peu importe où ils sont.

4. L'Émotion (Le ressenti) Quelle a été la scène la plus complexe — ou la plus glaçante — à rédiger dans ce livre ?

La scène la plus complexe est, comme dans tous mes romans, la première où l’on rencontre le héros ou l’héroïne, car elle doit accrocher les lecteur·ice·s et ils/elles doivent immédiatement être en empathie avec les protagonistes. C’est souvent une scène que je retravaille beaucoup plus que les autres.

5. L'Instant "Privé" (Le clin d'œil) Quand vous écrivez sur la neige et le givre, êtes-vous plutôt du genre à vous enfermer dans un bureau surchauffé avec un café, ou avez-vous besoin de ressentir un peu de fraîcheur pour trouver le mot juste ?

Expérimenter les lieux et les sensations que l’on met en mots, c’est un plus, mais le propre d’un auteur c’est justement de faire appel à son imagination. Je n’ai jamais vécu la déshydratation dans la toundra, mais j’espère en avoir bien retranscrit les différents aspects.

 

 

 

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